Prologue Par Ahmed CHNIHANI |
A se promener dans les ruelles de la ville émergente qu’est ce chef-lieu de Daïra (Sous-préfecture) appelé M’Daourouche, à quelque 45 km de Souk Ahras, l’on imagine mal que presque à ses flancs, dort une cité à l’histoire millénaire, l’antique Madauros numide, important centre culturel et ville florissante élevée sous les flaviens au rang de colonie romaine.
Et pourtant, c’est bien en ces lieux qu’a vécu et officié le prestigieux rhéteur et écrivain Amazigh précurseur, Apulée l’auteur des « Métamorphoses » (l’âne d’or) ; qu’a grandi et étudié le future emblème de la chrétienté.
Augustin de Thagaste de la confession ; qu’a evolué le redoutable grammairien Maximus, connu comme un adversaire acharné du christianisme ; et que fut mis à mort Namphano (Saint Namphano) le premier martyr de l’Afrique, qualifie par Maximus d’archi martyr.
Et pourtant, les amoureux de Madaure n’ont jamais manqué d’en vanter les effluves sacrés, comme l’auteur de ces phrases ; Madaure est une ville florissante qui étale, en un dégradé de couleurs chatoyantes, se oliveraies, amanderaies, figueraies et vignobles jusqu’aux piémonts de djbel Bou-Sessou, Le vert des prairies domines, moucheté ça et là du mauve délicat de la violette…D déambuler dans le lacis de ses calades livrées aux herbes folles et aux sauterelles suscite fascination et mélancolie. On se plait à admirer les belles colonnes corinthiennes ocreuses. |
Découvrir les thermes, ces salons publics ou la vie romaine prenait toute sa dimension. Faire une halte au fort byzantin miraculeusement debout, S’asseoir un instant sur un gradin du minuscule théâtre, Fermé les yeux et se laisser bercer par les litanies stridulantes des femmes Chaouias mêlées a l’eurythmie flûtée des zéphyrs légers… »
. C’est dire combien, malgré l’occultation de pans entiers de notre histoires national – au moment où d’autres pays puisaient dans leur essor économique-, la richesse de notre patrimoine demeure colossale, y compris après les multiples rezzous de prédateurs sans scrupules, et ne demande qu’à concourir à la renaissance d’un peuple aux racines incontestablement profondes. |
|
|
----------------------------------------------------------------------------
En collaborant avec notre association à la mise en valeur de ce patrimoine et à sa réhabilitation, Pr. Saïd dahmani demeure en cela fidèle à son long combat contre l’indifférence, contre toutes les formes d’exclusion qui ont entaché notre parcours historique national.En deux articles qu’il a voulus accessible à tous les lecteurs, à travers la Numidie de Massinissa, cet Aguellid amazighe dont l’histoire conserve l’envergure immense du fondateur d’un Etat souverain,
Comme il le di si bien en conclusion de ses textes, le travail accompli reste modeste, et tant de choses restent à faire, d’actions résolues à mener, pour accéder à notre patrimoine encore enfoui et le comprendre, l’estimer à juste valeur et le respecter.
 |
Qu’il soit remercié pour sa contribution, ainsi que le mécène qui a bien voulu en financer m’édition, Mr Abdelkrim Zaroukli, PDG de »s grands moulin s Belghit.
En fin, empruntons à phots, sorcière qui a hébergé Lucius héros du roman d’Epilée « l’âne d’or » n ces quelques phrases éloquentes : « j’ai trop bonne opinion de toi et se ta culture, je sais que, non seulement la noblesse innée de ta condition, non seulement l’élévation de ton esprit mais le fait que tu as été initié ç un grand nombre de religions, t’ont enseigné à observer scrupuleusement le devoir du silence, » |
|
------------------------------------------------------------------------------------------------------
Introduction à
L’histoire de la Numidie Massyle |
 |
M’histoire de l’Algérie antérieure au 1er siècle avant J.C. n’a pas encore livré tous ses secrets, notamment en ce qui a trait aux populations aborigènes, à leurs évolution sociale, politique et culturelle.
De Antiquité à nos jours, la littérateur historique appelle les anciens Algériens : Libyens, Mazyes, Mazices Gétules, Numides, Berbéres, Barabr et Amazighes. Mais le nom Numides est plus couramment utilisé dans les ouvrages d’histoire.
De fait, les numides présentent des traits originaux qui traduisent leur unité, dans l’antiquité et au Moyen-Âge, caractérisée par la langue libyque, même si celle-ci s’exprime différemment d’un ensemble numides à un autre.
|
Les origines des numides
D’après l’archéologie |
Les Numides constituent un complexe ethnique qui a évolué de la Préhistoire aux temps historique .En effet, deux types humains préhistoriques sont intervenus dans la formation de la population numide.
Le type le plus ancien est l’homme de mechta el-Arbi ou Mechta Afalou (XVII éme - X éme millénaire av J.C), résultat d’une évolution d’un type autochtone depuis le paléolithique. Ce type a surtout habité le nord du pays.
A partir du VII éme millénaire, apparaît dans l’Est surtout, un second type, créateur de la civilisation capsienne, c’est le type protoméditérranéen qui occupait notamment les régions méridionales.
A ces deux types viennent s’ajouté, au cours des périodes postérieures, des groupes humains méditerranéens, occidentaux au orientaux..
|
------------------------------------------------------------------------------------------------------
| L’organisation politique. |
 |
L’évolution de ces types aboutit donc, à l’apparition du numide, dont les premières mentions dans les textes interviennent vers me milieu du 1 er millénaire av .J.C. rapportées par Hérodote et par Strabon.
Il faut cependant attendre le III éme siècle av.J.C. pour noir surgir le monde numide dans le paysage politique nord-africain, notamment lors du déroulement de la première guerre punique, En effet, les sources dévoilent l’existence de royaumes fondés par les Numides depuis le VI éme siècle av.J.C., de l’expédition d’Agathocle, vers 311 av.J.C. en Afrique, un roi numide, Aylimas, est signalé. Au III éme siècle av.J.C. deux royaumes numides se partagent l’Algérie antique : Le royaume Masaesyle et le rayaumes Massyle .
Le territoire des Masaesyle s’étend du fleuve Molochath ( Mulucha, moulouya) au Cap treton (Bougaroun ) . Le royaume Masaesyles s’est agrandi aux dépans des Massyle .jusqu’en 203 av.J.C. , Cirta (Constantine) est intégrée dans le domaine Masaesyle vers 20+ou 205 av. J.C., pour devenir la nouvelle capitale, succédant à siga, la véritable capitale des Masaesyle, centre principal où ils frappent leur monnaie.
Après sa victoire sur syphax, Massinissa- roi Massyle- unifie à partir de 202 av.J.C. les Numides sous le sceptre d’un seul et unique royaume.
La dynastie Massyle, qui régnait depuis plusieurs générations, continue de présider aux destinées de la Numidie sous la direction de Massinissa et de ses successeurs deux siècles durant, environ. |
|
------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ce sont les chefs tribaux qui reconnaissent- ou rejettent- la souveraineté d’un roi- l’Alguellid- et chef suprême, l’Amankadh ou Aménokal.
Massinissa et ses successeurs du III émé siècle à la fin de 1er siècle av .J.C, parviennent
Toujours à garder ce pouvoir royal au sein de leur dynastie. Le souverain numide, paré d’une aura religieuse, est donc le chef suprême des tribus numides et le maître des villes de son royaume.
Les souverains qui ont marqué de leur empreinte la Numidie ont été Syphax (202-203), Massinissa (203- 148 av .J.C.) unificateur de la Numidie et Jugurtha (118- 105 av. J.C.), qui s’est distingué dans la lutte contre l’hégémonie de Rome. |
|
Les tribus sont la base de l’organisation sociale ; Généralement, elles se présentent en grandes confédérations se partageant l’assiette territoriale de la Numidie. Les confédération de l’Est les plus connues sont : les lontii, les Misiciri, les musulamii, les numidae, les Nattabute, les Nicive, les massyli et les Suburbure.
Le pouvoir de Massinissa semble s’appuyer essentiellement sur ses grandes confédérations au sien desquelles sont créées des « tribus royales » , liées au souverain,toujours prêtes a l’appuyé dans la collecte de l’impôt notamment, en plus de fournir des contingents pour renforcer l’armée régulière.
Des marchés ou des villages appartiennent à ces tribus et sont organisés par elles. L’archéologie n’en a pas fixé les contours ; peut-être ces villages ont-ils servi, sous la domination romaine, de base pour la fondation de nombreuses cités dont les noms sont à consonance berbère.
|